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Le secret et l’hôpital : ce que les travaux romands décrivent

Traditions romandes
Photo : CorinneJL, CC BY-SA 4.0

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette pratique n’est pas restée hors du champ universitaire en Suisse romande. Elle a fait l’objet de travaux, et ces travaux sont consultables.

Ce qui a été fait

Des travaux d’étudiants genevois sur les guérisseurs en Suisse romande, menés au début des années 2010 dans le cadre de modules d’immersion en communauté de la faculté de médecine. Et un travail de master conduit au Centre des brûlés du CHUV, à Lausanne, dans les années 2012 à 2014. S’y ajoutent, côté francophone, une thèse sur les coupeurs de feu en Haute-Savoie et plusieurs travaux sur le secret jurassien remontant aux années 1980 et 1990.

Ce que ces travaux documentent

Des pratiques : comment les praticiens procèdent, par quel canal on les contacte, comment le suivi s’organise. Des parcours : qui ils sont, comment ils ont reçu le secret — voir comment un secret se transmet. Et des positions : ce que les soignants en pensent, ce qui est la partie la plus instructive.

Sur ce dernier point, un écart revient d’une étude à l’autre : les équipes soignantes de terrain — infirmières, personnel des urgences — se montrent globalement plus favorables à ces praticiens que les médecins, plus réservés. Le même écart a été relevé des deux côtés de la frontière.

Ce qu’ils n’établissent pas

Une efficacité. Ce n’est pas leur objet : ce sont des travaux d’observation sociale et de description de pratiques, pas des essais cliniques. Les services hospitaliers qui refusent l’intervention invoquent d’ailleurs précisément l’absence d’étude validante, tout en reconnaissant des effets qu’ils rattachent au contexte de soin.

En pratique. La présence de ces praticiens à l’hôpital, quand elle existe, reste officieuse, et elle n’est possible qu’à une condition constante : qu’ils ne réclament aucune rémunération. La règle de gratuité décrite dans faire le secret n’est donc pas qu’un usage, c’est aussi ce qui rend la tolérance possible.

Ce que dit le droit suisse. Rien n’interdit à un patient de recourir à qui il veut en parallèle d’un traitement. La ligne se situe ailleurs : promettre un résultat thérapeutique contre de l’argent relève des indications fallacieuses de l’art. 3 LCD, et dissuader quelqu’un de se soigner est d’une autre gravité encore. C’est aussi pourquoi les sites qui vendent des prestations de ce type sont tenus aux mêmes règles d’annonce de prix que les autres, décrites dans tarifs et facturation.

Pour aller plus loin

Les brûlures sont traitées dans les barreurs de feu, et la carte romande dans le Valais.

Les questions qui reviennent

Le secret a-t-il été étudié en Suisse romande ?

Oui. Des travaux d'étudiants genevois sur les guérisseurs ont été menés au début des années 2010 dans le cadre de modules d'immersion en communauté, et un travail de master a été conduit au Centre des brûlés du CHUV à Lausanne entre 2012 et 2014. Des travaux sur le secret jurassien remontent aux années 1980.

Ces travaux prouvent-ils une efficacité ?

Non, et ce n'est pas leur objet : ce sont des travaux d'observation sociale et de description de pratiques, pas des essais cliniques. Les services hospitaliers qui refusent ces interventions invoquent d'ailleurs l'absence d'étude validante.

Ces praticiens interviennent-ils officiellement à l'hôpital ?

Non : quand la présence existe, elle reste officieuse, et elle n'est possible qu'à une condition constante — que le praticien ne réclame aucune rémunération. Les études relèvent par ailleurs un écart d'opinion entre les équipes soignantes de terrain, plutôt favorables, et les médecins, plus réservés.

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