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Numérologie et runes : deux grilles plus récentes qu’on ne croit

Supports de voyance
Photo : British Museum, CC BY-SA 4.0

Ces deux supports ont en commun d’être vendus avec une ancienneté qu’ils n’ont pas. Cela ne dit rien de ce qu’ils valent, mais cela change ce qu’on peut en attendre.

La numérologie : une grille, pas une science des nombres

Le principe est une réduction : le nom et la date de naissance sont convertis en nombres, puis additionnés jusqu’à obtenir un chiffre de 1 à 9, avec des exceptions appelées nombres maîtres. Ce qui compte, c’est la table de correspondance entre les lettres et les chiffres — et il en existe plusieurs.

La plus répandue aujourd’hui, dite pythagoricienne, attribue aux 26 lettres latines les chiffres 1 à 9 en série. Une autre, dite chaldéenne, utilise une attribution différente et n’emploie pas le 9. Conséquence directe et vérifiable en deux minutes : le même nom ne donne pas le même nombre selon la méthode. Demandez laquelle est employée, comme pour les autres questions listées dans les questions à poser avant de prendre rendez-vous.

La forme actuelle de la numérologie s’est fixée à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, dans le milieu théosophique anglo-saxon. L’attribution à Pythagore est un nom de baptême, pas une filiation.

Les runes : un alphabet détourné

Les runes sont un système d’écriture germanique, attesté à partir du IIe siècle de notre ère, employé en Scandinavie et dans le nord de l’Europe pour des inscriptions sur pierre, bois et métal. Le futhark ancien compte 24 signes, le futhark récent 16.

Leur usage divinatoire tel qu’il se pratique aujourd’hui — tirage de pierres gravées, correspondances fixées signe par signe — est en revanche récent : il se construit au XXe siècle, et les manuels qui circulent remontent pour l’essentiel aux années 1980. Les sources anciennes mentionnent bien des pratiques de sort chez les peuples germaniques, mais elles ne décrivent pas le système employé aujourd’hui.

En pratique. Pour la numérologie, faites calculer votre nombre par les deux méthodes : si les résultats diffèrent, vous saurez exactement ce que la grille apporte. L’exercice est gratuit et il ne demande qu’une table de correspondance, qu’on trouve partout.

La cartomancie, à côté

Lire un jeu de 32 ou 52 cartes est plus ancien en usage populaire que le tarot divinatoire et plus rapide à mettre en œuvre. Les correspondances y sont moins nombreuses, ce qui rend la lecture plus directe. Le tarot est traité dans le tarot de Marseille.

Pour aller plus loin

Les autres supports sont dans le pendule et l’effet idéomoteur, et l’offre romande dans villes et cantons.

Les questions qui reviennent

Deux numérologues donnent-ils le même nombre ?

Pas nécessairement. Il existe plusieurs tables de correspondance entre les lettres et les chiffres : la méthode dite pythagoricienne attribue 1 à 9 en série aux 26 lettres latines, la méthode dite chaldéenne procède autrement et n'emploie pas le 9. Le même nom peut donc donner deux nombres différents.

La numérologie remonte-t-elle à Pythagore ?

Sa forme actuelle s'est fixée à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, dans le milieu théosophique anglo-saxon. Le nom de Pythagore sert à désigner une table de correspondance, pas une filiation historique documentée.

Les runes servaient-elles à la divination dans l'Antiquité ?

Les runes sont d'abord un système d'écriture germanique attesté à partir du IIe siècle. Des pratiques de sort chez les peuples germaniques sont mentionnées par des sources anciennes, mais elles ne décrivent pas le système employé aujourd'hui, dont les correspondances se sont fixées au XXe siècle.

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