Le tarot de Marseille : du jeu de cartes à la divination
C’est le support le plus demandé en Suisse romande, et celui dont l’histoire est la plus souvent racontée à l’envers. Elle se résume pourtant en trois dates.
D’abord un jeu
Le tarot apparaît en Italie du Nord au XVe siècle — Milan, Ferrare, Bologne — comme un jeu de cartes à jouer, avec une série d’atouts ajoutée à un jeu ordinaire. Les premiers exemplaires connus sont des jeux de cour peints à la main. Rien, dans cet usage, ne relève de la divination : on y joue, comme on joue encore au tarot en France aujourd’hui.
Puis une iconographie fixée
Le tarot de Marseille n’est pas un jeu particulier mais un standard d’images, fixé par les cartiers français à partir du XVIIe siècle et diffusé par la gravure sur bois. C’est de là que viennent les figures que tout le monde reconnaît : le Bateleur, la Papesse, la Maison-Dieu. La ville de Marseille a donné son nom au type parce qu’elle en fut un centre de production, pas parce qu’il y serait né.
Enfin un usage divinatoire
Il se répand en France à la fin du XVIIIe siècle. Le nom qui revient est celui d’Etteilla, qui publie dans les années 1780 les premières méthodes de tirage et fait imprimer un jeu conçu pour cet usage. L’association du tarot à l’Égypte ancienne, qui circule encore, date de la même période et relève de la mode égyptisante du temps, pas d’une filiation documentée.
Ce que contient le jeu
78 cartes : 22 arcanes majeurs numérotés, et 56 arcanes mineurs répartis en quatre couleurs — bâtons, coupes, épées, deniers — avec dix cartes numérales et quatre figures chacune. Les tirages courants vont de trois cartes, rapides, à des dispositions plus larges comme la croix celtique.
En pratique. Une lecture au tarot est plus rapide qu’une lecture de thème astral, qui demande une préparation — voir ce que demande un thème astral. C’est à prendre en compte quand on compare deux tarifs pour une même durée, comme expliqué dans comparer deux tarifs sans se tromper.
Ce qui le distingue des autres jeux
De la cartomancie au jeu de 32 ou 52 cartes, traitée dans numérologie et runes : le tarot a ses 22 atouts, qui portent l’essentiel de la lecture. Du tarot Rider-Waite, anglo-saxon et publié en 1909, dont les arcanes mineurs sont illustrés de scènes alors que ceux du Marseille restent des motifs géométriques. Les deux écoles ne se lisent pas de la même façon, et un praticien travaille en général avec l’une.
Pour aller plus loin
Le déroulé d’une séance est décrit dans consulter en Romandie, et les autres supports dans le pendule et l’effet idéomoteur.
Née dans le Jura, installée à Lausanne, et une grand-mère qui faisait le secret pour les brûlures du village.
Les questions qui reviennent
Le tarot vient-il d'Égypte ?
Rien ne l'établit. Le jeu apparaît en Italie du Nord au XVe siècle comme jeu de cartes à jouer. L'association à l'Égypte ancienne date de la fin du XVIIIe siècle, au moment où l'usage divinatoire se répand en France, et relève de la mode égyptisante de l'époque.
Depuis quand le tarot sert-il à la divination ?
Depuis la fin du XVIIIe siècle en France. Le nom qui revient est celui d'Etteilla, qui publie dans les années 1780 les premières méthodes de tirage et fait imprimer un jeu conçu pour cet usage. Trois siècles séparent donc l'invention du jeu de son premier emploi divinatoire.
Quelle différence entre le tarot de Marseille et le Rider-Waite ?
Le Rider-Waite, anglo-saxon, publié en 1909, illustre ses 56 arcanes mineurs par des scènes figuratives, alors que ceux du Marseille restent des motifs géométriques. Les deux se lisent différemment, et un praticien travaille en général avec l'un des deux.
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